24 janvier 2022

Une Nuée de fumée, incarnée par Emmanuelle Huynh

Je suis heureux.se d’aller voir le spectacle Nuée de Emmanuelle Huynh dans le cadre du festival Trajectoire, moi qui n’a pas pu me libérer pour voir d’autres scène ou performance pour l’instant.

Quand on arrive dans la salle, on a envie de voir ce qu’il se passe dans l’espace qui sera celui de la danseuse. La scène presque vide laissait transparaître dans le noir, seulement éclairé par la lumière entourant les spectateurs, quelques éléments dispersés. Trois tiges avec pour chacune une enceinte qui la surplombe.
On découvre après avec plus de lumière un drap blanc sur la gauche de la scène et sur la droite, une rangée de projecteurs, posé au sol.

Le spectacle s’ouvre sur des mots disparates qui font lentement entrer le spectateur dans l’espace scénique.
L’écriture est belle sur cet écran allongé, suspendu au fond de la scène.
Un jeu de disparition et de disposition s’opère alors, dont le souvenir, l’empreinte reste dans la rétine. L’aspect lacunaire du texte, qui forment doucement des phrases laissent un goût poétique dans l’esprit où chaque mot est imprégné de celui qui le précède.

Juste avant le début du spectacle j’ai cru saisir sur le texte de présentation qu’il s’agissait d’une danse à la mémoire de l’histoire de Emmanuelle Huynh, de son père. Que cela s’articulait autour de son père vietnamien. Je pense que cette information m’a été presque essentielle pour saisir de quoi relevait la pièce, et pourtant en général je ne lis pas les textes introductifs.

Malheureusement je relève un emplois abusif de la fumée alors que à certains moment son usage était vraiment intéressant.
À la fin, un mur de fumé se forme lentement grâce à un usage de jeu de lumière qui créait comme un filtre relativement opaque sur le devant de la scène.
Ou au tout début de la pièce, je n’aurais jamais imaginé qu’un puit de lumière et un jet de fumé aurait été aussi beau.
Mais la sur-présence de la fumée sur scène noit ses moments de beautés furtives.

C’était une danse très incarnée dans le corps et les gestes de Emmanuelle Huynh.
J’ai eu du mal à saisir le rythme qui m’a paru un peu trop étiré parfois.

C’est peut être la complexité de ce paysage intérieur que j’ai eu du mal à saisir mais dont je ne vois pas moins qu’il est vaste. Dans le fascicule ( que je n’ai lu entièrement qu’après ) elle évoque un  » point de de contact – entre mon corps et la nature, le Vietnam et la France, entre le désir et la mort « .

La musique de Pierre Yves Macé était pour une partie du spectacle faite avec des extraits d’archives sonores vietnamiennes. C’est pour moi la partie la plus intéressante en terme de son, la plus marquante puisque le rythme bien qu’aléatoire de la ville est tout à fait unique. Il est porteur d’une empreinte culturelle et humaine forte.
Il transporte.
Mais excepté ce moment j’ai trouvé que l’espace sonore m’a laissait une impression de vide.

N.

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